Les ondes courtes n’ont pas dit leur dernier mot

À l’heure du streaming, des podcasts et de la fibre optique, certains pourraient penser que les ondes courtes appartiennent au passé. Pourtant, un récent épisode de « L’Atelier des Médias » sur RFI rappelle que cette technologie centenaire continue de jouer un rôle majeur dans la diffusion de l’information à l’échelle mondiale.

Une technologie que l’on croyait condamnée

Depuis plusieurs décennies, Internet et les réseaux mobiles ont profondément transformé notre manière d’accéder à l’information. Dans ce contexte, les grandes stations internationales ont progressivement réduit leurs émissions en ondes courtes, parfois au profit de réseaux FM locaux ou de plateformes numériques.

Pourtant, malgré ces évolutions, les ondes courtes disposent d’un avantage unique : elles permettent de couvrir des milliers de kilomètres sans infrastructure locale. Un simple récepteur alimenté par piles suffit pour recevoir des informations provenant de l’autre côté de la planète.

Le centre d’Issoudun, géant discret de la radio mondiale

Peu de Français le savent, mais au cœur du Berry se trouve l’un des plus importants centres émetteurs d’ondes courtes du monde : le centre TDF d’Issoudun-Saint-Aoustrille.

Ses immenses antennes rotatives ALLISS, hautes de près de 80 mètres, diffusent les programmes de nombreuses radios internationales vers l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient et d’autres régions du globe. RFI y maintient notamment plusieurs services destinés au continent africain.

Grâce à la réflexion des signaux sur l’ionosphère, une émission réalisée en France peut ainsi être reçue à plus de 10 000 kilomètres de distance sans passer par Internet.

Une radio qui contourne les coupures d’Internet

L’un des points les plus intéressants abordés dans le podcast concerne l’aspect géopolitique des ondes courtes.

Lorsque les réseaux Internet sont coupés, filtrés ou censurés, les ondes courtes continuent souvent de fonctionner. Contrairement aux infrastructures numériques, elles ne dépendent ni d’un opérateur local ni d’un accès au réseau mondial.

C’est pourquoi plusieurs diffuseurs internationaux continuent d’investir dans cette technologie. Dans certaines régions rurales d’Afrique ou dans des pays soumis à des restrictions de l’information, les ondes courtes demeurent parfois le seul moyen d’accéder à une information indépendante.

La HFCC : l’organisation méconnue qui coordonne le spectre mondial

Autre sujet passionnant évoqué dans l’émission : la gestion internationale des fréquences.

Deux fois par an, les grands diffuseurs mondiaux se réunissent au sein de la HFCC (High Frequency Coordination Conference) afin de coordonner les fréquences utilisées à travers le monde.

Sans cette coopération internationale, les brouillages seraient permanents. Chaque saison de diffusion donne ainsi lieu à une véritable « chorégraphie » des fréquences entre les grands acteurs mondiaux comme RFI, la BBC, Voice of America, NHK ou Deutsche Welle.

Et le DRM dans tout ça ?

L’émission évoque également le DRM (Digital Radio Mondiale), évolution numérique des ondes courtes.

Cette technologie permet de transmettre un son proche de la FM ainsi que des données numériques sur les bandes HF. Malgré des qualités techniques indéniables, son adoption reste limitée en raison du faible nombre de récepteurs compatibles disponibles sur le marché.

Pour les passionnés de radio, le DRM représente néanmoins une piste d’avenir intéressante qui pourrait moderniser l’utilisation du spectre HF.

Une passion toujours bien vivante

Pour les radioamateurs, les SWL et tous les passionnés de propagation radio, cette émission a le mérite de rappeler une réalité souvent oubliée : les ondes courtes sont loin d’être mortes.

Qu’il s’agisse de radiodiffusion internationale, de communication d’urgence, de diffusion d’informations dans les zones isolées ou simplement du plaisir d’écouter une station lointaine, la magie de la propagation ionosphérique continue d’opérer chaque jour.

À une époque où tout semble dépendre d’Internet, les ondes courtes nous rappellent qu’il existe encore un moyen simple, robuste et universel de faire voyager l’information autour du globe.

À écouter

Le podcast « Les ondes courtes de la radio n’ont pas dit leur dernier mot » est disponible dans l’émission L’Atelier des Médias de RFI.

Bonne écoute… et bonnes écoutes DX !

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